Inscription de l'île de Djerba au patrimoine mondial de l'UNESCO

Crédit photo : Pierre Gassin

Djerba, témoignage d'une île-jardin
au système urbain éclaté, et refuge de minorités

La Convention du patrimoine mondial a pour objet la reconnaissance des sites « de valeur universelle exceptionnelle » qui sont le patrimoine de l’humanité tout entière, et qu’il importe de protéger et de transmettre aux générations futures.

La Valeur Universelle Exceptionnelle (VUE) retenue pour le dossier de candidature de Djerba est un bien en série (menzels, houchs, mosquées, fondouks, pêcheries, …).

On citera : TEMLEL, KHAZROUN, SEDGHIEN, GUECHEAINE, MEGMAG, Centre ancien de la ville de ERRIADH, Centre ancien de la ville de HOUMT-SOUK, SIDI SALEM / BORG JELIJ.

 

Ce bien en série (plusieurs sites disséminés) est constitué à la fois, d’établissements humains et de paysages culturels, témoins d’un mode éminent d’occupation du sol et de la longue et intime relation entres les djerbiens et leur environnement pour répondre aux impératifs de défense, aux contraintes climatiques et à son insularité.

Ce mode de vie et d’habitat est empreint des Ibadistes* qui ont créé avec les matériaux locaux, une architecture vernaculaire qui, par sa parfaite adaptation au milieu et par la simplicité de ses formes, garde une valeur d’exemple.

* La collégialité et l’esprit d’équité animent les pratiques religieuses et sociales des Ibadistes, l’absence d’ostentation de leur mode de vie est caractéristique et perceptible jusque dans l’austérité des mosquées. Ils font preuve également d’ouverture au pluralisme ethnique et religieux.

Ce patrimoine inestimable doit être impérativement préservé et valorisé dans les meilleurs délais.

Le classement de Djerba au Patrimoine mondial de l’UNESCO apportera sans conteste une notoriété et une valeur ajoutée à l’île, un atout important qui aura un impact positif aussi bien sur le tourisme tunisien que sur la population locale notamment la jeune génération.

Aujourd’hui, l’équipe met tout en œuvre pour finaliser le dossier de candidature qui sera soumis au Comité mondial lors la prochaine session le 1er février 2020.

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (en anglais : United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization) est une institution créée en 1945 à la suite des dégâts et des massacres de la seconde guerre mondiale.

L’UNESCO est située à Paris compte aujourd’hui 195 Etats membres.

Elle a pour objectif de contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en favorisant des collaborations entre les nations et en initiant des programmes touchant l’éducation, la science et la culture dans le respect de la justice, de la loi, des droits de l’Homme, des libertés fondamentales pour tous sans distinction de race, de langue, de religion.

Le label « Patrimoine mondial de l’Unesco ou Patrimoine de l’humanité a été institué en 1972 par une Convention. Il désigne un ensemble de biens culturels et naturels présentant un intérêt exceptionnel pour l’héritage commun de l’humanité.

L’attribution du label vise à encourager à travers le monde l’identification, la protection et la préservation des biens culturels, naturels ou « mixtes » présentant un intérêt et une valeur exceptionnelle universelle (VUE) et de transmettre ce patrimoine aux générations futures.

Le Comité du patrimoine mondial, créé en 1976, établit chaque année la liste du patrimoine mondial.

En 2017, 1.052 biens répartis dans 165 États y étaient inscrits, dont 55 considérés comme « en péril », 814 culturels, 203 naturels et 35 mixtes.

Seuls les pays qui ont signé la Convention du patrimoine mondial et se sont par-là même engagés à protéger leur patrimoine naturel et culturel et à s’efforcer de trouver des solutions pour le protéger peuvent soumettre des propositions d’inscription de biens situés sur leur territoire sur la Liste du patrimoine mondial.

La première chose que le pays doit faire est de dresser un inventaire des sites les plus importants à l’intérieur de ses frontières.

Cet inventaire est appelé la Liste indicative. C’est une étape importante car le Comité du patrimoine mondial ne peut étudier une proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine Mondial si le bien considéré ne figure pas déjà sur la Liste indicative de l’Etat partie.

Un dossier exhaustif doit être constitué avec toute la documentation et les cartes requises. Une fois le dossier complet, ce dernier est adressé à une organisation consultative compétente pour évaluation.

Une fois qu’un site a été proposé et évalué, le Comité intergouvernemental du patrimoine mondial prend une décision finale concernant son inscription. Une fois par an, le Comité se réunit pour statuer et décider de l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial.

Pour figurer sur la Liste du patrimoine mondial, les sites doivent avoir une valeur universelle exceptionnelle et satisfaire à au moins un des dix critères de sélection définis par l’UNESCO.

Les sites inscrits au patrimoine mondial font généralement l’objet d’une exploitation touristique mettant en avant cette inscription.

Le chiffre de 20% de fréquentation touristique supplémentaire est souvent cité. Quoi qu’il en soit, le classement est un atout énorme pour l’image de marque d’un lieu, qui est noté et valorisé dans les guides touristiques du monde entier.

L’inscription d’un site sur la Liste du patrimoine mondial lui confère :

– l’appartenance à une communauté internationale qui sauvegarde les biens d’importance universelle

– une notoriété et un label garantissant l’intérêt du site

– un prestige qui joue souvent un rôle catalyseur dans la sensibilisation à la préservation du patrimoine

– un impact positif sur la population en l’occurrence la jeune génération

– l’accès au Fonds du patrimoine mondial et à d’autres sources de financement

– une assistance d’urgence pour réparer les dommages causés par les catastrophes naturelles ou par l’activité humaine

– la possibilité de bénéficier de plans de gestion, qui définissent des mesures de préservation et des mécanismes de suivi adéquats

– une plus grande sensibilisation du public au site et à ses valeurs exceptionnelles, ce qui renforce les activités touristiques et culturelles

Il s’agit d’un bien en série, constitué d’établissements humains et de paysages culturels (menzels, houchs, mosquées, etc…) témoignant d’un mode exceptionnel d’occupation du sol, que justifient d’ailleurs son insularité, ses identités plurielles, le besoin de subsistance et d’adaptation au milieu et l’impératif de défense.

Un bien en série inclut deux ou plusieurs éléments constitutifs reliés entre eux par des liens clairement définis : liens culturels, sociaux ou fonctionnels dans le temps, qui génèrent, le cas échéant, une connectivité au niveau du paysage, de l’écologie, de l’évolution ou de l’habitat. Chaque élément constitutif doit contribuer à la valeur universelle exceptionnelle du bien dans son ensemble.

Parcours de la candidature

Mai
1976

Création de l’ASSIDJE (Association de Sauvegarde de l’île de Djerba), à la suite du séminaire de janvier 1975 où déjà la fragilité de l’île était évoquée

1994-1995

Première tentative d’inscription qui n’a pas abouti par manque de volonté politique

Janvier
2012

L’Etat tunisien à travers l’Institut National du Patrimoine (Ministère de la Culture) sollicite l’UNESCO et propose l’île de Djerba sur la liste indicative du Patrimoine mondial.

Cette étape est importante car le Comité du patrimoine mondial ne peut étudier une proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine Mondial si le bien considéré ne figure pas déjà sur la Liste indicative de l’Etat partie

Août -Sept
2013

Campagne de sensibilisation au projet d’inscription auprès de la population et des municipalités de l’île à travers une exposition itinérante de photos, des conférences, rencontres et débats

Nov.
2013

Réunion de concertation et de réflexion autour du dossier d’inscription

19 Avril
2014

1er atelier local destiné à définir la Valeur Universelle Exceptionnelle à mettre en exergue dans le dossier

31 Mai
2014

2ème atelier de réflexion destiné à approfondir la réflexion pour valider la VUE

16 Mai
2015

Table ronde « Patrimoine exceptionnel à valoriser au service d’un développement durable », ouvert au public organisé à l’occasion de la clôture du mois du  Patrimoine.

Déc.
2015

Réunion en présence de Mme Nada Al Hassen (Chef d’unité Etats arabes au sein de l’UNESCO)

Déc.
2016

Journée d’études consacrée au dossier d’inscription tenue sous la direction de Mohamed Zine El Abidine, ministre des Affaires culturelles

Février
2017

Réunion de travail et visite des sites avec Mme Hayet Guettat (Directrice de patrimoine auprès de l’ALECSO et M.Mustapha Khannoussi, consultant auprès de l’ALECSO (Organisation arabe de l’Education, de la Culture et des Sciences) dont le siège est situé à Tunis.

Cette visite s’inscrit dans le cadre de la préparation de l’atelier maghrébin programmé à Djerba au mois de septembre

5 /9 Avril
2017

Visite de travail de Mme Léticia Leitao, experte mandatée par l’UNESCO

Mai
2017

Signature de la convention de partenariat entre l’Institut National du Patrimoine (INP) et l’ASSIDJE

24 Mai
2017

Réunion de travail avec M. Adnène Ben Nejma, désigné par l’Institut National du Patrimoine en qualité de coordinateur national du projet

11-15 Septembre
2017

 Atelier régional sur le processus de proposition d’inscription de sites culturels sur la Liste du patrimoine mondial

10 Mars
2018

Journée d’information : Djerba aux portes du Patrimoine Mondial au Centre culturel méditerranéen – Houmt-Souk

23 Mars
2018

Conférence de presse : Djerba Patrimoine mondial au Syndicat national des journalistes tunisiens

21 Avril
2018

Journée d’information : Djerba aux portes du Patrimoine Mondial à l'Espace Toumana – Midoun

11 Mai
2018

Soirée spéciale : Djerba Patrimoine mondial à la Salle La Palme – 93000 – Bobigny – France

15 Mars
2019

 Réunion des trois municipalités de Djerba

23 Mars
2019

Visite du Ministre des Affaires Culturelles - Midoun

10-14 Avril
2019

Exposition Photos de Gérard Delon : « Ombre et lumière » (1973 – 1969) – ASSIDJE

27-28 Mai
2019

Journées de travail piloté par M. Mongi Bourgou

09 Septembre
2019

Signature de convention de partenariat entre le ministère des affaires culturelles et l'ASSIDJE

03 Octobre
2019

Dépôt de la première ébauche du projet à l'Unesco par son excellence monsieur Ghazi Gherairi

Galerie photos

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